
Les Rendez-vous de l’alimentation sont le fruit d’un travail collaboratif initié par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg en 2022, en collaboration avec de nombreux acteurs professionnels et associatifs locaux, dans un cadre tout à la fois festif, ludique, éducatif et mobilisateur.
Au menu de cette 4ème édition, une variété de plus de 60 animations gratuites ou à prix libre sont proposées aux quatre coins de l’Eurométropole et adaptées à tous les âges, pour cuisiner, goûter, déguster, se rencontrer et partager.
Programme complet de l'édition 2025 :
Produire et manger local, c’est possible ! C’est ce qu’ont voulu démontrer la Ville et Eurométropole de Strasbourg et ses partenaires dans le cadre des Rendez-vous de l’alimentation le mois dernier.
Stéphane Linou, expert en résilience alimentaire, a proposé des temps de sensibilisation aux professionnels de l’alimentaire et aux habitants du territoire.
Sans oublier un repas 100 % local et bas carbone à Les Petites Cantines de Strasbourg avec les bons produits de l’EARL l'Ilot de la Meinau, Coopalim Strasbourg et Solibio.
Retour en images sur cette journée gourmande et engagée.
Transcription de la vidéo
Résilience alimentaire et sécurité civile à Strasbourg
Introduction
Bonjour, je suis Stéphane Linou expert en résilience alimentaire et sécurité civile et nous sommes à Strasbourg où la ville et l'Eurométropole de Strasbourg organisent les rendez-vous de l'alimentation. Nous sommes à l'îlot de la Meinau, en plein cœur de Strasbourg, chez des maraîchers qui nourrissent 1000 familles par semaine.
L'îlot de la Meinau : un îlot nourricier urbain
On est un îlot nourricier entre la cathédrale et le club de foot de Strasbourg. Et on l'a vu pendant le COVID où vraiment tout le monde a pu continuer à être alimenté en légumes frais tous les jours.
Perspectives de développement
Alors nos perspectives sont bonnes parce qu'aujourd'hui on a plus de dix hectares de production, dont un hectare sous abri. On arrive à nourrir pratiquement 5000 personnes toute l'année avec notre production. Imaginez ce qu'on pourrait faire avec ne serait-ce que cinq hectares en plus.
Les Petites Cantines : cuisine participative et locale
Bonjour. J'arrive chez Coopalim, un de nos partenaires habituels, de nos fournisseurs habituels et je viens chercher les derniers ingrédients qui nous manquent pour le défi.
Les petites cantines, c'est un lieu où on peut venir pour manger des bons repas, mais on peut venir aussi pour cuisiner ce repas avec des ingrédients qui ont été sourcés par nous et chaque jour, il y a une équipe qui va cuisiner avec nous le repas qui sera servi aux convives qui viendront ensuite. Et surtout, il faudra ne pas mettre de sel.
Mais ce qui est génial ici, on va cuisiner principalement avec des produits locaux et bio, des choses qu'on n'a plus forcément l'habitude de faire en ville.
Un engagement par le service civique
Je pensais me diriger vers des cantines d'écoles, qui s'approvisionnent en bio, en local à 80 %. Et j'ai tapé par hasard cantine dans le site du service civique et Strasbourg. Ça avait l'air pas mal comme ville et j'ai été pris et je suis venu.
Le Défi Local, Chic, Pas Cher et Bas Carbone
Et encore des nouveaux candidats qui ont décidé de relever mon Défi Local, Chic, Pas Cher et Bas Carbone avec des ingrédients issus d'un rayon de 51 kilomètres autour de l'assiette à vol d'oiseau, bien présenté avec trois plats minimum et que ça soit bon et à moins de 9,50 € par personne. Coût matière correctement payé à nos producteurs et à moins d'un kilo six équivalent carbone par personne.
Ça me permet de dire qu'il y a beaucoup d'acteurs qui contribuent à ce que nous croyons. La qualité aussi de l'alimentation bien sûr, qualité et santé vont aussi ensemble.
Les enjeux de la résilience alimentaire territoriale
Alors que ce que j'appelle nos microbiotes alimentaires de territoire, c'est-à-dire nos infrastructures nourricières de territoire, sont tous moribonds. Mais parce qu'il manque des maillons.
À force de trop se spécialiser par territoire :
- Il y a des maillons de productions qui ont disparu
- Des maillons de transformation aussi
- Il n'y a pas de stock dans les collectivités locales
- Il n'y a pas de stocks alimentaires stratégiques d'état
L'exemple des pâtes d'Alsace
En fait, avec toutes les pâtes Alsace qu'on trouve dans le commerce, on s'est dit c'est bon les pâtes Alsace, c'est facile. En fait, on s'est aperçu que la farine et les œufs ne viennent pas d'Alsace, donc Stéphane m'a dit "Bah non, pas du tout. Ça ne va pas du tout."
Les filières locales : l'exemple de Coopalim
En débouché ce qu'on a, c'est l'Eurométropole qui nous aide sur tout ce qui est cantines scolaires. Ici, on a bon nombre de collèges, de lycées que les élèves ont nos produits dans les assiettes.
On travaille énormément avec de la restauration collective, des points de vente à gauche, à droite, dans les petits magasins et la grande surface.
La coopérative Coopalim
On est une coopérative d'une trentaine de producteurs qui sont tous bio, tous alsaciens. On achète local et on vend en local. Donc avec ces 30/35 producteurs, on commercialise environ 1000 tonnes de produits bio alsaciens chaque année.
Exercice de crise : sensibilisation à la résilience
Cas concret : une cyberattaque d'ampleur vient de toucher tous les supermarchés. Les élus mis en stress sont amenés à réfléchir, accompagnés des entreprises, de la population, des associations et de leurs administrations.
La résilience alimentaire est l'affaire de tout le monde. Il n'y a ni ventre de droite ni ventre de gauche. Donc on se retrouve au cours d'une conférence publique.
Une approche réaliste
Strasbourg ne nourrira jamais Strasbourg, mais on peut travailler à rendre le territoire plus résilient. Pour que le territoire se réinvente et prenne conscience du problème et trouve des solutions.
Les politiques publiques au service de la résilience
Depuis notre élection en 2020, on a réorienté massivement la commande publique vers le local dans tous les secteurs. Pas que le secteur alimentaire, mais il en fait partie.
Résultats de la politique d'achat public
Et sur les 500 millions d'euros de commande publique de la ville et de la métropole :
- On est déjà à plus de 75 % qui repart sur le territoire
- 90 % sur le Grand Est
Et pour la partie alimentaire, on est, notamment sur la ville de Strasbourg parce qu'elle a la gestion de ses cantines. On a là un levier très important de pérennisation de filières émergentes.
Conclusion : le défi relevé
Les petites cantines ont bien relevé mon défi, moins de 4 € le repas correctement payé à nos producteurs et moins de 1,1 kilos équivalent carbone par personne.
Et en plus c'était super bon !